Interview de Solène Binet - Traductrice professionnelle indépendante


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profil
Instagram : @solene.binet
Twitter : @BinetSolene
Facebook : Solène Binet Traduction
Site Web : binetsolene0.wixsite.com/traduction

Solène est traductrice professionnelle depuis septembre 2016. Ses langues de travail sont l’anglais et l’italien, qu’elle traduit vers le français.
Elle adore manger, les chats, l’océan, les montagnes et les escape games (enfin, les jeux en général) !

Peux-tu nous présenter ton métier ?

Je suis donc traductrice professionnelle indépendante, de l’anglais et de l’italien vers le français. Pour me donner un air important, je pourrais dire que je suis ingénieure internationale en communication multilingue ! C’est une expression que nous a donnée notre responsable de Master, parce que notre métier est très dénigré sur le marché du travail (Ah, t’es traductrice ? C’est sympa, il suffit de savoir parler des langues étrangères et voilà !). Ce titre pompeux donne donc un peu plus de relief à une profession très méconnue du grand public.

Je suis aussi relectrice et correctrice (en français), je peux aussi être rédactrice au besoin et interprète (encore novice, mais j’aimerais bien développer cette activité).

Pourquoi as-tu commencé à pratiquer le télétravail ?

J’ai toujours aimé travailler chez moi. J’aime bien l’ambiance d’un bureau avec des collègues, des déjeuners animés, etc. Pourtant, je suis toujours plus apaisée et efficace lorsque je peux me concentrer, mettre du piano à fond dans mon appartement, et simplement « être à ce que je fais ». En traduction, il y a très peu d’emplois salariés en France, et ceux qui existent sont pour la plupart en région parisienne avec un salaire extrêmement bas pour des diplômés de Master. Le freelance s’est imposé de lui-même et par conséquent, le télétravail aussi.

À quoi ressemble ta journée type ?

Je me lève (selon les jours) entre 6 h 30 et 7 h 30. Café, petit-déjeuner, douche/débarbouillage, habillage et allumage d’ordinateur (pas forcément dans cet ordre-là !). Si des projets m’ont déjà été attribués par des clients, je commence ensuite à travailler entre 8 h et 9 h, sauf le mardi où je commence vers les 10 h, car je travaille depuis l’escape game Secret Door (à Brignoles) de mon compagnon. Cette parenthèse dans la semaine me permet de prendre l’air et de revenir plus productive le lendemain à la maison.

Si je n’ai aucun projet en cours (comme c’est le cas parfois), plusieurs possibilités s’offrent à moi, mais je commence toujours par envoyer un courriel à tous mes clients pour leur dire que je suis disponible à partir d’aujourd’hui et jusqu’à tel jour ou telle heure. Ensuite, tant qu’aucun projet ne m’est proposé, soit je fais des trucs à la maison (ranger, nettoyer, faire des courses, trier les papiers, etc.), soit je prospecte, mets à jour ma comptabilité, cherche des formations, crée du contenu pour mes réseaux sociaux, etc. J’avoue préférer m’occuper de mon entreprise plutôt que de la maison !

Comment abordes-tu le télétravail avec tes clients ?

Le télétravail va de soi avec n’importe quelle agence de traduction. Ce secteur est l’un des rares où le télétravail est accepté, et même parfois obligatoire, dans le sens où je ne vais pas aller chez mon client britannique tous les matins pour aller travailler ! Le caractère international de ce domaine fait donc que le télétravail est monnaie courante en agence. Pour les clients directs, je ne saurais dire, car je n’en ai eu qu’un seul et dont l’entreprise se trouvait à 15 minutes de chez moi en voiture. J’ai dû m’y rendre une seule fois pour traiter des documents confidentiels qui ne devaient pas sortir de l’entreprise. Sinon, les autres projets que le directeur m’a confiés ont tous transité par courriel.

Le télétravail est-il pour toi un frein dans la mise en place de la relation client ou le démarchage de nouveaux clients ?

Cela peut être un frein, car de nombreux dirigeants d’entreprise aiment rencontrer les personnes avec lesquelles ils travaillent. Mais, encore une fois, la traduction est un secteur à part. Peu de personnes savent réellement de quoi il s’agit, connaissent toutes les techniques utilisées et les efforts que cela demande. Beaucoup de professionnels pensent donc qu’il suffit de commander une traduction comme on commande un livre sur Internet. Quand je démarche les agences par courriel, elles ont généralement un formulaire dédié aux traducteurs indépendants qu’il suffit de remplir avec nos informations, nos services et nos tarifs. Lorsque ce sont des clients directs, l’exercice se complique : il faut trouver la bonne adresse e-mail, dans le bon service, proposer un courriel attirant et indiquer au client comment nous pouvons l’aider à combler son besoin ou résoudre son problème. Pour cela, il faut par contre lui indiquer qu’il a un besoin à satisfaire (Vous voulez vous développer en France ? Il vous faudra alors sûrement faire traduire votre documentation en français, etc.). Dans mon message, je propose toujours une rencontre (si l’entreprise est à moins 1 h de chez moi), ou un appel (téléphonique ou visioconférence) si le responsable a besoin de parler de vive voix.

Je suis moins à l’aise avec cette technique de démarchage direct, mais je me soigne : je participe à une formation de développement commercial de mars à avril avec le réseau SAFI France, et à une formation de la SFT (Société Française des Traducteurs) le 2 mars pour savoir comment me constituer une clientèle et me vendre auprès des entreprises. Mon activité est encore jeune et j’ai donc plein de choses à apprendre sur la partie commerciale de mon métier !

Quels sont les outils dont tu ne peux te passer ?

J’ai un logiciel de TAO (traduction assistée par ordinateur) qui m’est indispensable au quotidien. J’ai également un logiciel de correction, Antidote 9, qui me sauve parfois d’erreurs d’inattention bien bêtes !

Pour ma comptabilité, j’utilise depuis quelques mois maintenant Freebe. L’équipe est au top, et j’adore leur outil facile à prendre en main.

L’outil dont je ne peux absolument pas me passer, c’est bien sûr mon ordinateur, mais vous vous en doutiez !

Quelle est pour toi la plus grande difficulté à bosser en télétravail et comment la surmontes-tu ?

Ma plus grande difficulté, c’est l’isolement. Parfois, le fait d’être seule me démotive, et je n’arrive pas à avancer autant que je veux sur un projet.

Heureusement, j’ai des consœurs et amies formidables qui me mettent des coups de pieds là où il faut pour me rebooster ! Nous sommes toutes sur un Slack, avec plusieurs chaînes présentant des thématiques différentes, et nous nous entraidons à longueur de journée. 3 sur 4 travaillent pour certains clients communs, nous pouvons donc facilement échanger sur des problématiques très variées.

Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à la création d’un collectif de traducteurs et interprètes pour officialiser ces petits échanges informels et en faire une vraie force auprès de nos clients.

Quel est pour toi LE bénéfice du télétravail dont tu ne pourrais te passer ?

C’est très bateau, mais pouvoir travailler où je veux et quand je veux. Mon compagnon a des horaires décalés, donc il travaille tous les samedis et parfois tard le soir. Dans ces cas-là, je suis contente de pouvoir travailler aux horaires qui m’arrangent pour avoir plus de temps libre quand lui ne travaille pas. C’est parfois difficile lorsque j’ai des projets prenants, longs et avec des délais serrés. Mais j’arrive en général à m’organiser pour que tout fonctionne.

Quant au lieu, je vous écris de chez mes beaux-parents, car il y a des travaux dans notre rue (impossible de se concentrer la journée pour travailler). C’est très agréable de pouvoir profiter d’une maison spacieuse, au calme, et de pouvoir travailler dans la cuisine ou dans le salon. J’aurais préféré le jardin, comme je le fais parfois, mais il fait encore trop frais !

Pour entretenir ou démentir le cliché, quelle est ta tenue habituelle pour travailler ?

En hiver ou quand il fait froid, j’ai en général un pantalon style jean ou un pantalon carotte (large et plissé en haut, ajusté en bas, en matière fluide et confortable), un T-shirt plus ou moins chic (selon mon humeur) et un pull ou un gilet. Le pyjama ne tient pas assez chaud de toute façon !

En été, je m’habille de façon plus élégante : robe ou jupe, haut léger ou blouse, couleurs plus vives ou douces, le soleil me donne envie de sortir mes plus belles pièces !

As-tu une anecdote à nous raconter ?

Mon chat, Rocket, a une fois grimpé sur mes genoux pour avoir des câlins sauf que, en passant, elle a appuyé sur une touche de clavier et envoyé un courriel que je n’avais pas fini de rédiger…

Heureusement, la cheffe de projet à qui j’ai réécrit en catastrophe ensuite a été très compréhensive et s’est même amusée de la situation. Il m’est d’avis qu’elle adorerait pouvoir travailler chez elle avec un chat sur les genoux !

Quelle est ta réponse quand on te demande si tu arrives vraiment à bosser ?

Je réponds en général que je bosse bien mieux sans entendre Michel qui tousse toutes les 10 secondes, le téléphone qui sonne sans arrêt et le bruit du clavier des autres qui résonnent dans l’open space. Je suggère également d’essayer de bosser au soleil dans un jardin avec une citronnade bien fraîche en été, plutôt que dans un bureau surclimatisé, pour vérifier qui est le plus efficace.

Quelle(s) ressource(s) conseillerais-tu pour en apprendre plus sur le télétravail ?

EnPantoufles m’a l’air bien parti ! Il y a aussi le guide GoRemote2019, et plusieurs groupes Facebook de freelances (car il ne faut pas se mentir, ce sont surtout les indépendants qui ont cette liberté, malheureusement pour les salariés).

Où peut-on en apprendre plus sur toi ou te contacter ?

Depuis janvier 2019, je me suis mise à Instagram (@solene.binet) et pour le moment je tâtonne un peu ! Je suis aussi sur Twitter (@BinetSolene) et sur Facebook (Solène Binet Traduction). J’ai un site Internet, binetsolene0.wixsite.com/traduction, mais il va vraiment falloir que j’achète un domaine pour faire plus professionnel ! Je suis très active sur de nombreux groupes Facebook de freelances (Crème de la Crème principalement, mais aussi Quotidien de Freelances et Les madTrotteuses pour ne citer qu’eux).

As-tu quelque chose à rajouter ?

Les trajets maison-boulot sont morts, vive EnPantoufles !

Merci beaucoup pour tes réponses :slight_smile:

Pour en savoir plus sur Solène :

Instagram : @solene.binet
Twitter : @BinetSolene
Facebook : Solène Binet Traduction
Site Web : binetsolene0.wixsite.com/traduction

Pour découvrir d’autres interviews, tu peux t’abonner à EnPantoufles sur Twitter et Facebook ou rejoindre la communauté :wink:


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Merci, Bastien, pour cet article super sympa :smiley: Longue vie à EnPantoufles !