Freins à l'exercice du télétravail


#1

Quelles difficultés rencontrez vous dans le cadre de l’exercice du télétravail ?

Les visions des salariés, des managers aussi bien que sociétales sont les bienvenues


Et si on commençait par se présenter ?
#2

Je me lance :slightly_smiling_face:
Une difficulté assez générale est de créer et d’entretenir les relations professionnelles. Que ce soit avec les collègues de travail, les partenaires ou les clients.
Je pense que lorsqu’on est en télétravail, cela demande un effort supplémentaire car en général le seul lien est la communication numérique (message, téléphone, visio).


#3

Hello,
j’ai commencé le télétravail il y a bientôt 9 ans. J’étais salariée sur site et quand j’ai voulu déménager assez loin mon entreprise a accepté le 100% télétravail.

1er frein: il faut savoir s’organiser. Pour ma part ce qui m’a beaucoup aidé au début c’est me préparer comme si j’allais au bureau, ne pas me lever à 8h55 pour commencer à 9h… Avoir des horaires plutôt fixes et un espace à part. Ça aide à conserver une certaine rigueur.

2è frein : ne pas se laisser envahir et ne pas se déconsidérer. Au début j’avais tellement peur qu’on pense que je ne fais rien que je faisais beaucoup plus d’heures pour compenser.

3è frein : la perte de lien. Je sais très bien que même si j’échange régulièrement par mail / tel avec mes collègues et que je me rends sur le site pour des réunions je rate plein de choses. Toutes les conversations informelles, toutes les infos données en dehors des réunion je les rate. Peut-être que dans les entreprises où tout le monde est en télétravail on ne le ressent pas comme ça. Il faut aussi savoir être seul.

4è frein : la perte de considération de la société. Alors même si ça s’améliore il y a encore plein de gens qui pensent que je glande, quand j’ai eu mes enfants on m’a dit super tu n’as pas besoin de les faire garder (comme si eux emmenaient leur bébé/ enfant au boulot…!), comme si une entreprise allait payer quelqu’un à ne rien faire… bref, je ne m’en occupe plus mais ça m’a beaucoup heurté au début parce que je travaille dur et que je m’investis.

Enfin, cela peut être un frein, pas dans mon cas, la confiance de l’employeur est indispensable. S’ils accordent le télétravail sans avoir confiance ça ne peut pas marcher.
L’accès à internet a aussi son importance, clairement les personnes en zones blanches ou dans certaines campagnes peuvent être freinées. Il faut aussi savoir être autonome avec l’outil informatique, savoir se débrouiller un peu car on a personne pour venir dépanner en direct.

Ca peut sembler beaucoup de freins, mais en fait non :slight_smile:
C’est juste qu’il faut en être conscient.
Quand on a un emploi de bureau, une bonne connexion et qu’on arrive à travailler seul il n’y a pas de souci. Les avantages sont nombreux surtout quand on avait beaucoup de transports et un loyer de dingue dans une grande ville!


#4

Merci @Koraize, c’est une réponse très étoffée et qui traite en toute transparence des principaux points que j’ai également noté au contact d’autres télétravailleurs mais aussi des entreprises (managers et RH).

Si je prends maintenant le sujet dans l’autre sens, quels facteurs clefs de succès, reflets des freins évoqués :

1 - Mettre en place une routine
2 - Conserver l’estime de soi même et de son travail
3 - Garder le contact informel avec les collègues (lutte contre l’isolement professionnel, voire parfois social)
4 - Rester visible pour l’entreprise et mettre en avant le travail accompli

Tout cela dans une certaine mesure tend à instaurer / restaurer un certain climat de confiance, non ?

J’ajouterai par ailleurs les points suivants :

5 - faciliter l’accès à un support en ligne pour prendre soin de la “ligne de vie” avec l’entreprise.

Dans quelle mesure votre société, manager ou responsable RH contribue à limiter ces freins ou faire en sorte que votre expérience du télétravail soit une véritable réussite ?

Merci


#5

Merci @Bastien d’avoir été le premier contributeur de ce thread que j’espère le plus long possible tellement le sujet, du télétravail en général, est passionnant.

Vous traiter plus spécifiquement ici de l’isolement que peux générer le télétravail. C’est effectivement un des risques du télétravail, parfois même qualifié de risques psychosocial :face_with_raised_eyebrow: lorsqu’il s’agit des liens avec les collègues ou son management. Aujourd’hui, comment combattez vous ce frein ?

Merci


#6

Pour moi l’isolement est effectivement un risque, mais il y a 2 choses qui sont pour moi différentes :

  1. Le fait de mal vivre la solitude liée au télétravail et de ne pas avoir assez d’interaction humaine dans sa vie. Pour cette partie je n’ai pas vraiment de problème car mon cas particulier fait que je vois plus de monde maintenant que lorsque je travaillais en bureau. J’étais dans une petite entreprise (3/4 personnes) et ne voyais les clients qu’occasionnellement. Pour pouvoir travailler dans les bureaux, je vivais dans une région où je ne connaissais pas grand monde, donc en dehors du travail et de mes collègues de boulot je ne voyais personne. Depuis que je suis en télétravail, j’ai pu retourner vivre dans mon village natal et donc reprendre mes activités (sport, associations, etc…) et voir plus souvent ma famille et mes amis. J’ai “ma dose” d’interactions humaines en dehors de mon travail.
    Et c’est peut-être aussi une des raisons pour laquelle certaines personnes ont peur d’être isolé en télétravail. Pour quelqu’un qui a rejoint Paris ou autre pour le travail et qui ne voit personne en dehors de ses collègues, je comprends que le télétravail puisse impressionner.

  2. La difficulté supplémentaire à entretenir ou créer des relations humaines avec les personnes que l’on ne voit pas physiquement, collègues et clients principalement. Pour cette partie, il faut mettre en place une communication et une organisation différente. Penser à donner des nouvelles sur l’avancement d’un projet peut-être un peu plus souvent. Il faut parvenir à transposer toutes les discussions informelles que l’on a habituellement entre deux réunions ou autour d’un café. Ce n’est en général pas lors d’une réunion d’avancement de projet que l’on créé un lien avec le client, mais plutôt à la pause café lorsqu’on discute de quelque chose que l’on a en commun, enfants, sport ou passion. Les entreprises décentralisée comme O’Clock ou BoondManager sont un bel exemple de ces organisations et méthodes de communication qui permettent de collaborer en 100% télétravail.


#7

Pour ma part 4 ans de full télétravail.

  • Les relations avec les clients se passent très bien voire mieux car je suis beaucoup plus disponible en télétravail : j’ai toujours de la dispo pour passer un coup de fil à un client ou le recevoir, en fait, ça me fait même plaisir ça rompt la solitude et ça permet de se changer les idées.
  • Mon gros frein actuel concerne la volonté communiquante de mes collègues en présentiel, sans efforts de la part de tout le monde (et pas seulement de ceux en télétravail !) il est impossible de travailler ensemble. Mettre en place des outils de communication ne sert à rien s’ils ne sont utilisés que par ceux (ou celui…) en télétravail.
    Personnellement j’ai remis en question mon équipe actuelle et j’ai décidé de démissionner vers un autre job en télétravail, mon choix de sélection n’a pas été le salaire mais la communication et la volonté de télétravail de la future équipe. Un poste ouvert au télétravail mais qui préfère quand même un présentiel, c’est louche, visiblement leur volonté de télétravail se limite à leur difficulté de recruter : autant passer son chemin directement.
  • Concernant la vie sociale et l’isolement, c’est pas forcément évident pour tout le monde je pense qu’il y a quand même un profil à avoir. Personnellement, j’ai mis à profit le temps gagné grace au télétravail pour reprendre des activités sportives, m’inscrire dans un club, sortir prendre un café, etc : aujourd’hui j’ai plus de vie sociale que lors de mon précédent job présentiel.

#8

Complètement d’accord sur le fait que pour fonctionner en télétravail, tout ne dépend pas que de la personne qui le pratique, mais bien de l’ensemble de l’équipe. Je pense aussi que c’est plus compliqué de trouver une organisation qui fonctionne en mixte, avec certaines personnes au bureaux et d’autres en télétravail, que de s’organiser lorsque tout le monde est en télétravail.


#9

J’ai connu les deux coté de cette mixité, d’abord moi en présentiel et les autres en télétravail, le full télétravail, puis moi en télétravail et les autres en présentiel.
Le constat est que quand est du coté présentiel on ne se rend pas vraiment compte de cette isolation des télétravailleurs et de ce besoin de temps de discussion supplémentaire avec les télétravailleurs, on a même tendance à associer ce besoin de “papotter” à de la flemme ou une volonté de ne pas travailler. Après on vite fait de stigmatiser les télétravailleurs à des “branleurs” autour de la machine à café.